Il existe plusieurs méthodes en réalité et, pour ainsi dire, aucune n'est universelle. Nous allons retracer ici les méthodes les plus utilisées à Beaumont les Valence.
La première étape consiste assez bêtement à trouver une remorque et à l'habiller en vue de pouvoir déposer le(s) sujet(s) dessus et gauffrer ou fleurir les cotés. Il est souvent nécessaire de réparer la remorque pour qu'il y est un minimum de trou sur le plateau et de rajouter des cotés. (Les trous sont en effet assez ennuyeux lors de la fixation du sujet) On agraffe généralement du carton, sur toutes les parties en bois, de façon a obtenir un ensemble plats, exempt de toutes aspéritées.
La deuxième étape consiste à construire le sujet en lui-même (Evidement, là, il faut avoir choisi un sujet....). Pour le réaliser, deux écoles : celle du bois et celle de la feraille. A vous de voir si vous êtes meilleur menuisier que soudeur. Pour le plan c'est la même chose, il y a ceux qui font du dessin technique a l'echelle, assisté où non par ordinateur et, ceux qui soudent a l'oeil..... Dans les deux cas c'est une étapes difficiles, longue et à forciori, très importante.
La quatrième étape consiste à présenter le sujet sur la remorque et le fixer. Si je fais une étape bien particulière c'est que l'on en a déjà vu tomber... Ca fait rire avec le recul mais sur le moment c'est moyennement drôle. Il est conseillé également de faire passer les cables électriques qui vont servir a alimenter l'éclairage du char à ce moment-là. (oui, je vous rappelle que nous défilons également en nocturne... par ailleurs n'oubliez pas de demander le groupe électrogène de votre voisin...)
La cinquième étape est celle du grillage. Cette étape est inutile pour les sujets en bois, par contre, pour les sujet en ferraille, l'écart entre les tiges métalliques est telle que si on collait du papier directement dessus les formes obtenues ne seraient pas celles voulues. Sans compter que je ne suis pas persuadé que le papier tiendrait bien.
Pour déjouer ce manque d'adhérence du papier sur le métal, on fait passer des bandes de papier journal entre les mailles du grillage, puis on encolle des pages entières par dessus. Si on ne s'est pas trompé, on doit désormais aisément reconnaître la forme finale du sujet. Ah oui, c'etait donc la sixième étape que les sujets en bois sautent également.
La septième étape est l'encollage du papier blanc. En effet, la couleur du papier journal même en dessous des fleurs n'est guère appréciable ; aussi le recouvre-t'on d'un papier blanc. Par dessus nous collerons encore du papier de couleur. Ce papier est le même que celui ayant servi à la fabrication des fleurs. Il est judicieux de le coller de façon à préciser les limites de chaque couleur sur le sujet : cela facilite grandement le collage des fleurs.
Les fleurs, d'ailleurs, parlons en... Ben oui vous croyez quoi ?... Qu'on les achète toutes faites ?!... C'était en fait notre troisième étape... Et oui, parallèlement à la fabrication du char, il faut acheter le papier, le découper en bande au massicot, puis le passer dans la machine à découper les roses inventée par notre ami Mickey Kraft (et qui en fait la maintenance encore aujourd'hui) de façon à obtenir un petit tas de 5 ou 6 feuilles découpées en rond d'environ 5 cm de diamètre et agrafées au centre (enfin pour les meilleurs découpeurs c'est agrafé au centre... car faut-il encore avoir le coup de main). Ces fleurs sont ensuite froissées une à une durant de longues soirées au coin du feu avec la tisane pour les plus sages d'entre nous. (Je ne cite pas volontairement ce que boivent les moins sages)

Pour les fleurs il y a également deux écoles à Beaumont les Valence. La première, je viens de vous l'expliquer. La deuxième, c'est celle que j'appelle l'école AVB. Mais cette technique, je serais bien incapable de vous l'expliquer car je ne l'ai jamais essayée ; en tous cas elle donne des résultats magnifiques dont l'aspect frôle le réel. Une chose est sûre, des chars royaux de toute beauté sont sortis des mains de ces constructeurs. (Pour information, lors d'une visite a la cavalcade de Carmaux, nous avons pu admirer des fleurs immenses réalisés grâce à un emporte pièce bien plus grand que les notres et froissés sensiblement de la même façon. La différence essentiel c'est que les fleurs avait une forme de fleurs et n'était pas découpé en rond comme chez nous.)
Mais de temps en temps une nouvelle idée germe dans les têtes des plus originaux d'entre nous et l'on voit quelques sujets habillés de bien curieuses façons comme le char des Gonflés de 1997. C'est aussi cela l'esprit des constructeurs, que chacun rivalise d'ingéniosité et d'originalité pour le plaisirs de tous.
Finalement, collez ou positionnez ces fleurs (ou ces ballons....) sur le où les sujet(s).
L'ultime étape est celle de la finition. C'est-à-dire l'habillage de la remorque et des cotés. Traditionellement, la remorque est gauffrée. Cela revient à froisser des bandes de papier assez grossièrement. Mais cette technique a été bien ameliorée et il n'est pas rare aujourd'hui de voir des sujets entièrement gauffrés avec une certaine finesse. J'en ai vu moi qui vous parle, gauffrer leurs chars avec des baguettes. (Vous savez celles qu'on nous donne quand on commande chez le chinois mais dont on ne se sert que rarement.) Le résultat ici n'a d'égal que la patience du gauffreur. (oui en plus il est souvent tout seul car il est difficile à deux personnes de gauffrer exactement de la même façon)
Bon enfin, pour la remorque, les jeunes ont trouvé une solution : ils ne gauffrent ou fleurissent que les cotés et mettent un tissu ou de la moquette sur le dessus. Cela leur permet de monter sur leurs chars sans les abimer (lorsqu'ils sont fatigués....!!!!).
Voilà, quelques franges en bas de la remorque et vous serez prêts à défiler.
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Dernière mise a jour le Mercredi 13 Août 2008 à 00:03
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